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« Créer des images du bruit, pour mieux le réduire »

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Portrait de LabEx

Spécialiste de l’acoustique à l’INSA de Lyon, Quentin Leclère dirige le LabCom P3A (Laboratoire commun Plateforme d'antennerie pour l'aéroacoustique), porté par le LabEx CeLyA. L’objectif de ses recherches : décrypter les mécanismes qui génèrent le bruit pour mieux lutter contre la pollution sonore, en partenariat avec le monde industriel.



Sous quel angle vous intéressez-vous au bruit ?
L’acoustique croise de multiples disciplines : les sciences humaines, la physique, la médecine… Mon « entrée », c’est la mécanique .Nos recherches visent à comprendre les mécanismes qui génèrent du bruit pour mieux le réduire. Notre enjeu, c’est de limiter les nuisances sonores et de contribuer à des solutions d’améliorations en lien avec l’industrie : nous travaillons pour des secteurs comme l’aéronautique ou l’automobile.

Votre laboratoire LabCom P3A est spécialisé en « bruits aérodynamiques », qu’est-ce-que c’est ?
Ces bruits résultent souvent d’une interaction entre un écoulement d’air turbulent et une surface solide. Cet écoulement crée des fluctuations de pression qui se propagent sous forme d’ondes sonores. Par exemple, lorsqu’une voiture roule à grande vitesse, l’air qui s’écoule sur les vitrages génère du bruit à l’intérieur et à l’extérieur du véhicule. Cela concerne également le bruit produit par les ventilateurs, ou encore, les réacteurs d’avions. Ces phénomènes sonores sont très répandus dans les transports terrestres et aériens, et d’une façon générale dans toute l’industrie.

Quel est l’objectif du laboratoire P3A ?
L’objectif de ce laboratoire commun est de structurer un pôle de compétence et de recherche autour de ces thématiques très spécifiques. Créé il y a un peu plus d’un an, Labcom rapproche trois structures aux expertises complémentaires : l’INSA et l’Ecole Centrale, via leurs laboratoires tous deux membres de CeLyA ; et la PME MicrodB, qui conçoit et commercialise des outils d’imagerie acoustique. Travailler avec une PME nous permet de garder un pied dans la réalité. C’est tout l’intérêt d’une approche industrielle : cela nous oblige à développer des méthodologies qui soient transférables à l’industrie.

Concrètement, comment procédez-vous pour cartographier le bruit ?
Nous posons des antennes de microphones à des distances variables de notre objet d’étude (par exemple, un ventilateur). A partir du relevé des mesures et de notre connaissance du phénomène de propagation d’ondes, nous établissons une cartographie des sources du bruit. Notre travail porte d’abord sur le développement de méthodologies nouvelles. Notre objectif est d’améliorer la performance de nos diagnostics par imagerie, par exemple, en gagnant en résolution de l’image. Au-delà de ce volet méthodologique, le Labcom se concentre sur deux axes : la mise en œuvre de technologies innovantes (capteurs MEMS, tout numérique…) et l’adaptation aux environnements hostiles aux mesures microphoniques (en présence de forts écoulements d’air notamment).
Sans le LabEx CeLyA, le laboratoire P3A n’aurait jamais vu le jour… Oui, c’est le principal intérêt du LabEx : avoir permis de fédérer et de décloisonner les disciplines de l’acoustique, présentes sur la région. La dynamique est très forte à Lyon sur ces sujets et couvre un spectre très large de thématiques.

Qu’est-ce-qui vous plaît dans votre métier ?
Ingénieur de formation, je me destinais à l’origine au monde industriel. Je me suis orienté vers la recherche académique par curiosité scientifique. Le lien entre la recherche et l’industrie est stimulant. A mon avis, il est capital pour nos domaines de recherche de garder le contact avec les problématiques du monde industriel.

Propos recueillis par Caroline Hamon.
crédit photo : Quentin Leclère


Thématique : Portrait de LabEx


Le Centre lyonnais d'acoustique (LabEx CeLyA)

 
CeLyA est un des plus grands centres de recherche en acoustique à l’échelle internationale. L'acoustique est un domaine scientifique vaste, au carrefour de nombreuses disciplines : physique, mécanique des solides et des fluides, traitement du signal, médecine, psychologie cognitive... Les applications sont nombreuses, allant des problématiques de réduction des nuisances sonores à l’utilisation thérapeutique des ultrasons. L'ambition de CeLyA est de faire progresser la connaissance dans ces différents domaines et de développer les applications pratiques de ses recherches, en lien avec les nombreuses entreprises d'ingénierie acoustique présentes à Lyon.
 
  • Environ 75 chercheurs et enseignants-chercheurs permanents, présents dans les grands domaines de l'acoustique (audible et ultrasonore).
     
  •  8 équipes de recherche
     
  • Financement : 6M€ sur 10 ans, de 2011 à 2020