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A la rencontre de Stéphane Crozat

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« Voici des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches… » du végétal à la citoyenneté…

Entretien avec Stéphane Crozat, fondateur du Centre de Ressources de Botanique Appliquée.

Stéphane CROZAT, pourquoi avez-vous fondé le Centre de Ressources de Botanique Appliquée (CRBA) en janvier 2008 ?

Notre équipe de huit personnes, à laquelle s’associent ponctuellement des doctorants ou des stagiaires, cherche à sensibiliser les citoyens et consommateurs à l’existence d’un très riche patrimoine local de végétaux domestiques, fleurs, fruits et légumes, créés à Lyon mais aujourd’hui oubliés ou disparus, et à l’importance de sa préservation. Qui connaît encore l’endive de Caluire, qui sait que « l’oeillet de Nice » est en réalité né grâce à la ténacité et au savoir-faire d'horticulteurs lyonnais ?
Notre démarche est de croiser les regards de diverses disciplines et spécialités (biologie, génétique, écologie, histoire, archéologie, etc.) pour œuvrer dans une dimension inter-sciences et interculturelle. Le végétal peut en effet réunir des points de vue très différents, créer des liens inattendus, réconcilier les arts et les sciences, interroger aussi les notions de préservation et conservation…
Selon les projets, nous travaillons donc avec des partenaires très divers, des chercheurs, des particuliers collectionneurs de plantes, des jardins collectifs pouvant accueillir des végétaux, des agriculteurs et des horticulteurs, ou des institutions comme le Musée des confluences ou l’Université de Lyon.

Des exemples de projets ?

Le projet « réseau rose » ! Nous souhaitons redécouvrir –et faire découvrir – certaines variétés de roses « inventées » à Lyon. Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, 60% des roses mondiales ont été créées dans notre ville, l'un des grands centres horticoles de l’époque au niveau national et international.
Un comité de pilotage, constitué d’associations, d’institutions et de spécialistes, jardiniers, pépiniéristes, historien… doit fixer les critères de sélection de ces variétés. Nous organisons ensuite leur rapatriement à Lyon, pour les montrer, les faire connaître et admirer.
Notre démarche est clairement participative : à partir de notre système d’informations en ligne Horti-Lyon, les réseaux constitués ou les particuliers peuvent contribuer à enrichir les connaissances sur ce thème.

Avez-vous organisé un événement particulier pendant cette année 2010 consacrée à la biodiversité ?

Cela n’a pas vraiment changé grand chose pour nous, l’objet de nos études étant déjà la diversité, mais la diversité du monde végétal domestique, quelques 250 espèces et variétés de plantes.

Vous avez participé à la Fête de la Science, au séminaire « la Nature en ville », qu’attendez-vous du service « Science et Société » de l’Université de Lyon ?

Nous souhaiterions que ce soit un lieu de diffusion d’informations et surtout de mise en relation, en réseau. A partir d’un recensement du type « qui fait quoi » sur notre thème, nous aurions envie de voir se créer davantage de synergies entre les acteurs et de développer l’axe de recherche appliquée que nous avons mis en place.

Propos recueillis par Catherine AMBROISE-RENDU.

Pour en savoir plus, un superbe ouvrage vient d’être édité : « Fleurs, fruits, légumes, L'épopée lyonnaise », de Stéphane Crozat, ethnobotaniste et historien des jardins, Philippe Marchenay, ethnobiologiste et Laurence Bérard, anthropologue. Editions Lyonnaises d'Art et d'Histoire.

http://horti-lyon.in2p3.fr/crba/