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Dignité, solidarité, légalité... Quelle fin de vie voulons-nous ?


Le questionnement semble sans fin tant les rebondissements de débats et de réglementation sont nombreux depuis quelques années en France. La question se révèle de plus en plus complexe et nécessite, comme le Comité national d’éthique le soulignait dernièrement, de ne pas « clore de façon définitive des questions dont le caractère lancinant exprime un aspect fondamental de la condition humaine ».


Plus que « la fin », ce sont les « conditions » de la fin qui interrogent. Plus que la crainte du « mourir », c’est l’angoisse de la dégradation, de la souffrance, de l’abandon qui s’exprime. S’ajoute aussi le tourment d’être « un poids » pour les autres, à être vieux trop longtemps. Ces constats se posent dans un contexte où « ce temps de la fin » est majoritairement délégué au médical, l’hôpital ou les institutions étant devenus les lieux où l’on finit sa vie, à l’écart du cercle familial.

Comment en sommes-nous parvenus à cette défiance à l’égard du « mourir » dans notre société ? A cette vision négative de la prise en charge de la fin de vie ? Que dit cette représentation « de la fin de vie » de notre conception du « vivre-ensemble » ?

LA SOIREE-DEBAT : Dignité, solidarité, légalité... Quelle fin de vie voulons-nous ?


Nous interrogerons ici trois dimensions convoquées au coeur de la question traitée par plusieurs comités d’éthique.

La dignité d’abord. Qui nous oblige et nous réunit disent les uns. Qui justifie tout et son contraire selon les autres. Est-elle synonyme de liberté ou d’autonomie ? Ne dépend-elle pas aussi du regard des autres ? Il s’agit d’éclaircir notamment les interprétions concurrentes au plan éthique et leurs implications pratiques.

La solidarité ensuite. Elle serait une exigence, un devoir : celui d’accompagner. Mais n’avons-nous pas tendance à la limiter à l’accompagnement médical et institutionnel ? Pouvons-nous considérer l’accompagnement non pas comme un devoir particulier, mais comme le point de départ d’une réflexion sur notre vivre-ensemble ? Qu’est-ce qui pourrait signifier notre engagement solidaire?

Enfin, la légalité. Pourquoi cette volonté de légiférer dans ce domaine ? Qu’attendre de la loi ? Que peuvent des règles affirmées face à la réalité vécue, qui ne sera toujours qu’une situation singulière ? Serait-ce la loi qui pourrait nous rassembler ou au contraire limiterait-elle la réflexion et l’action (politique, des soignants, des citoyens) ?
Jeudi 27 novembre 2014
de 19h à 21h
Ninkasi Kao

267, rue Marcel Mérieux
Lyon 7e
A partir de 17 ans.
Entrée libre et gratuite

ou suivez la soirée en direct
sur la wikiradio CNRS

Les intervenants

Chercheurs en philosophie, en anthropologie de la santé et praticien dans le domaine des soins palliatifs seront présents à cette soirée pour partager connaissances, réflexions et questionnements avec le public :
  • Nathalie Favre, cadre de santé au Centre de soins palliatifs (pôle Gérontologie de Lyon) et vice-présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs ;
     
  • Marc-Antoine Berthod, professeur d’anthropologie à la Haute école de travail social et de la santé (EESP) à Lausanne, Suisse ;
     
  • Damien Le Guay, philosophe, enseignant à l'espace éthique de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris.

Table-ronde animée par Isabel Santos, journaliste.
Modérateur en salle : Sébastien Buthion, CNRS.


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