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Les recherches participatives, kezako ?

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Les recherches participatives ont pour particularité d'associer les citoyens à la production de connaissances scientifiques. Les formes en sont multiples, elles concernent des domaines très variés : astronomie, informatique, environnement, santé... et octroient aux amateurs de sciences des rôles diversifiés.


Astronomes en herbe, généalogistes amateurs, sentinelles de la biodiversité, férus d'informatique ou de jeux vidéos, militants associatifs ou simples propriétaires d'ordinateurs... De nombreux citoyens s’impliquent aujourd’hui dans des projets de recherche. Longtemps taxés d’amateurisme, ces bénévoles peuvent contribuer efficacement aux avancées scientifiques. Mais comment participer au juste ?


Prêter du temps de calcul de son ordinateur


Aucune compétence particulière n’est requise ici : il s’agit seulement de posséder un ordinateur et de mettre à disposition du temps de calcul pour le traitement de masses de données. Lancé en 1999, le programme SETI@home (Seach of Extraterrestral Intelligence at home) déporte ainsi le calcul scientifique sur des milliers d’ordinateurs individuels, pour rechercher des traces de communication extraterrestre dans des signaux radio.

Contribuer à des inventaires et des collectes d’information

D’autres projets exploitent les potentialités du web et font appel aux citoyens pour qu’ils contribuent à la collecte de données ou à la réalisation de mesures simples. Des inventaires communaux aux grands projets nationaux, les initiatives fleurissent dans le domaine de l’environnement. Le CNRS et Arte vous proposent en ce moment de relever la Mission Printemps : compter les vers de terre, cartographier les papillons, guetter l’apparition des premières fleurs... et aider ainsi les chercheurs à étudier les effets des changements climatiques.


 



Participer à l’analyse et à l’interprétation de données


Certaines expériences plus abouties s’appuient sur des compétences humaines spécifiques qui, sans nécessiter de longues années d’études, peuvent offrir des solutions inédites à des problèmes de recherche. Le portail Zooniverse répertorie ainsi plusieurs projets nécessitant des capacités d’analyse, de visualisation et de mémoire de la part des participants. La dimension ludique est ici essentielle pour susciter la motivation.

En la matière, l’exemple le plus fameux est sans doute Foldit (littéralement « Plie-le »), un jeu vidéo d’assemblage 3D de molécules, développé par des équipes de recherche en biochimie et informatique (Université de Washington). En quelques semaines, les joueurs ont réussi à décoder la structure d’une enzyme proche de celle du virus du sida, un problème sur lequel butaient les meilleurs laboratoires depuis plusieurs décennies !

Contribuer à définir de nouveaux programmes de recherche

La plupart de ces initiatives viennent des chercheurs eux-mêmes et la co-construction des projets de recherche reste pour l’instant rare. Il existe cependant quelques exceptions, dans le domaine médical notamment où les associations de malades peuvent jouer un rôle-clé. Les initiatives de type "boutiques des sciences" constituent aussi une solution originale pour associer les citoyens à la définition des projets de recherche et développer des coopérations moins asymétriques entre chercheurs et amateurs : avec de tels dispositifs, les chercheurs planchent sur des problèmes concrets exprimés par la société.

Comme le résume sur son blog Mélodie Faury, co-responsable du laboratoire junior interdisciplinaire “Enquête sur l’homme vivant” de l’ENS de Lyon et membre de notre service Science et Société, « c’est la nature de la prise en compte des savoirs non académiques ainsi que des acteurs qui en sont porteurs, le moment de leur mobilisation et le rôle qui leur est attribué qui varie d’un projet à l’autre. ». Quelle que soit leur forme, ces démarches font l’hypothèse qu’il y a des savoirs distribués au sein de la population et que leur mobilisation permettra d’avancer scientifiquement. Alors quand est-ce qu’on s’y met tous ?


Nathalie FABRE
 

Thématique : Culture scientifique et humanités


Appel à contribution

Vous avez peut-être déjà pris part à des recherches participatives, ou repéré d'autres initiatives que celles listées ci-dessous sur Lyon ou Saint-Etienne ? Votre expérience nous intéresse ! N'hésitez pas à nous contacter pour nous en faire part.
Contact : Davy Lorans

Quelles recherches participatives à Lyon et Saint-Etienne ?

De manière non exhaustive, voici quelques initiatives concrètes que nous avons repérées sur les territoires de Lyon ou Saint-Etienne :

  • Développé par le D-NET de l’ENS-Lyon, le programme Fellows propose aux internautes des regroupements de leurs amis Facebook. Les participants sont invités à en évaluer la pertinence des regroupements. De cette façon, en quelques clics, ils contribuent à tester des modèles automatiques de catégorisation du social.
  • Des chercheurs aux jardins est un projet de recherche collaborative porté par l’Université de Lyon. Il a pour particularité de répondre à des préoccupations concrètes, exprimées par une association de jardiniers de Villeurbanne.
  • L’Université Jean Monnet de Saint-Etienne lance une recherche-action avec les acteurs professionnels (Conseil général et Agasef) et les allocataires du RSA, pour étudier comment ceux-ci pourraient contribuer aux instances de décisions qui les concernent (étude des modes de participation existant et expérimentation de nouvelles formes de participation).
  • A partir d'événements construits avec les associations culturelles du Forez, une équipe de l'Université Jean Monnet (chercheurs et acteurs de terrain) travaille à identifier les formes de participation des jeunes à la vie associative, tout en favorisant la mutualisation d'expériences, de pratiques et de moyens sur le territoire du Forez.
  • Porté par la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, SIMULEX-Archéo est un dispositif de simulation qui devrait voir le jour en 2013, pour initier les citoyens au métier d’archéologue. La simulation intègrera des campagnes de prospection citoyenne sur le terrain, qui pourraient servir à constituer par la suite d’authentiques corpus de recherche.