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Placer la connaissance au cœur des villes européennes

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Après 22 mois de rencontres et d’expériences en Europe, le projet Cities and Science Communication (CASC) s’est achevé en janvier dernier, lors d’une conférence de clôture au Thinktank, le musée des sciences de Birmingham, en Angleterre. L’occasion de revenir sur les ambitions de cette initiative européenne.

Construire la cité avec les briques du savoir

La désindustrialisation massive des années 1970 aurait pu mettre Birmingham à genoux. Mais celle-ci s’est tournée vers le concept de « ville de science », enracinant son développement économique dans la recherche et l’innovation. Placer les lieux où se fabrique le savoir au cœur de la cité, favoriser des liens entre une université forte et le monde de l’entreprise, développer les hautes technologies, soutenir une large diffusion de la connaissance grâce à des lieux tels que le Millenium (musée des sciences Thinktank, Fablab, etc.) a contribué à définir un modèle qui pourrait inspirer de nombreuses villes d’Europe. Aussi est-il indispensable de partager avec les citoyens les enjeux du savoir, devenu un atout majeur du développement de leurs territoires. C’est à cet objectif de mieux articuler la médiation culturelle des sciences avec les mondes de la recherche et des entreprises en lien avec les institutions publiques que répond le projet CASC, financé par l’Union européenne et dont Birmingham assume la gouvernance. Pour le mettre en œuvre, Birmingham a réuni un consortium de partenaires européens, parmi lesquels le service Science et Société de l’Université de Lyon, et un partenaire chinois, la Shanghai Academy of Social Sciences (SASS).

Expérimenter un espace commun européen

CASC représente une occasion de confronter les manières de faire en Europe. « Chaque pays procède à partir de son propre rapport à la science et selon sa culture. Nous rencontrer, c’est comprendre nos différences. C’est aussi un miroir qui permet de comprendre nos spécificités et nos points communs, et donc d’élaborer une culture européenne partagée », explique Béatrice Korc, responsable du service Science et Société. Ainsi les membres de CASC cherchent-ils à développer des formes de médiations innovantes afin de partager leurs expériences. « Notre participation nous a permis d’expérimenter, de tester des projets qui n’auraient pas été possibles sans les financements européens », précise Béatrice Korc. « Le café de nature en ville », enquêtes urbaines où se côtoient sociologues, comédiens et grand public, et l’exposition Séismes et Tsunamis, dans le grand centre commercial de Saint-Priest, sont deux exemples des projets conduits pour développer de nouveaux liens entre ville, citoyens et savoirs.

Et la Chine dans tout ça ?

Associer la Chine a permis d’élargir encore l’horizon culturel de CASC. Comment un pays au régime politique, à la culture et aux traditions si différentes des nôtres conçoit-il la diffusion des savoirs et les liens entre la science et la société ? De retour de Shanghai où elle était en visite d’étude en décembre 2010, Béatrice Korc exprime sa surprise : « Contrairement à ce qu’on aurait pu penser avec nos a priori culturels, il y a à la fois des lieux très contemporains, comme l’immense Musée des sciences et technologies ou l’International Science and Art Exhibition, des cafés de science qui semblent permettre des échanges entre parties prenantes, et des actions de diffusion du savoir qui correspondent à une tradition culturelle forte en mêlant sciences et arts. Les mêmes questions se posent sur la désaffection pour les études scientifiques en mathématiques, physique, chimie, considérées comme trop difficiles par beaucoup de jeunes chinois qui se tournent prioritairement vers les études de commerce international ou les formations d’ingénieurs. Nous avons été frappés par les importants moyens financiers mis en œuvre pour la diffusion des connaissances, par exemple au musée des sciences et technologies et le futur musée d’histoire naturelle qui est en construction au cœur de la ville».

CASC s’achève mais un second projet pourrait prendre le relais. Toujours avec Birmingham et un nouveau consortium de partenaires. Celui-ci permettrait de mieux associer, cette fois, les industries créatives et le monde de la recherche. Réponse dans quelques mois. En attendant, de véritables relations d’échange ont émergées entre les acteurs du projet, qui, pour certaines, pourront s’inscrire dans la durée. Une bonne manière de poser les bases d’une véritable culture européenne.

Plus d'informations sur CASC.

Thématique : Culture scientifique et humanités