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Shopping particulier…

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Un projet de boutique des sciences à l’Université de Lyon

Le service Science et Société de l’Université de Lyon, en partenariat avec le service de valorisation de la recherche, travaille à la mise en place d’un dispositif traditionnellement appelé « boutique des sciences ». Il s’agit de créer une interface opérationnelle entre les chercheurs et les associations confrontées à des problèmes scientifiques.

Si l’on vous parle de « boutiques de sciences », ne cherchez surtout pas une chaîne de magasins ou vous pourriez acheter une boîte de Petit chimiste pour l’anniversaire de votre aîné. Les boutiques de sciences, comme leur nom ne l’indique pas, sont en réalité des outils de production de connaissances scientifiques au service des associations, syndicats, fédérations et autres groupements de citoyens ayant des activités bénévoles d’intérêt collectif.

Démocratisation des sciences

Sur le modèle des science shops déjà à l’œuvre dans plusieurs pays de l’Union Européenne, (Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni notamment) ou encore au Canada, le projet boutique des sciences conduit par le service Science et Société de l’Université de Lyon vise à démocratiser l’accès à la recherche. Grâce à ce dispositif, des acteurs associatifs de la société civile, peuvent bénéficier du soutien de l’équipe scientifique d’un laboratoire universitaire.
« Concrètement, explique Davy Lorans, chargé de la mise en place du projet, les associations nous contactent et nous exposent les questions pour lesquelles elles ont un besoin de compétences scientifiques et/ou techniques. Nous communiquons ces demandes à la communauté scientifique afin de constituer une équipe intéressée par la problématique soulevée. Les structures prioritaires sont les associations qui n’ont pas les moyens de financer des expertises, de payer des cabinets d’études spécialisées. »


Entreprise de coopération à but non lucratif


copyright Thierry FournierUne philosophie de « service public » anime ce dispositif non commercial. Le choix des dossiers ne s’effectue pas selon un quelconque calcul financier mais est fonction, au-delà des besoins particuliers de l’association en demande, de l’intérêt du projet pour la collectivité. «Imaginons, par exemple, expose D. Lorans, qu’une fédération de plongée sous-marine veuille développer une activité dans le Rhône. Mais une question les taraude : la qualité des eaux est-elle suffisante pour se baigner sans danger ? Une question dont la réponse bénéficiera à bien d’autres associations de sports nautiques régionales. Elle présente donc un intérêt collectif suffisant pour être retenue. »

Une fois constituée, l’équipe de chercheurs en charge du dossier travaille en étroite collaboration avec les demandeurs pour mettre en place un projet adapté, depuis la formulation de la demande en question de recherche, jusqu’à l’édition d’un rapport ad hoc. Les études se font dans un esprit de coopération entre les deux parties : « Les demandeurs sont également, dans une certaine mesure, acteurs de la recherche qui les concerne. Ils doivent mettre à disposition des scientifiques tous les éléments d’information dont ils disposent, mais aussi éventuellement participer à la collecte de données sur le terrain. Bref, ils épaulent les chercheurs au mieux de leurs possibilités. »

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A la fin du travail, l’association a une obligation de publication des résultats. Elle participe à la diffusion du rapport, en organisant, par exemple, une soirée de restitution avec l’Université. Elle se charge aussi d’une campagne de presse appropriée, etc. L’objectif étant de promouvoir efficacement le rapport de façon à ce que tous les acteurs sociaux intéressés puissent en profiter : la boutique des sciences travaille pour le bien commun.
De son côté, l’université se charge d’une diffusion dans les cercles scientifiques, en mettant notamment en ligne les rapports.
Dans le contexte spécifique de l’Université de Lyon (fédération de dix-huit établissements d'enseignement supérieur et de recherche, répartis sur un territoire couvrant les départements du Rhône, de la Loire et de l’Ain) le champ des thématiques de recherche a été restreint à deux grands secteurs : l’environnement et la santé. Pour l’instant le dispositif est en cours d’installation. Le lancement des projets-pilotes devrait avoir lieu début 2012.

Eclairage municipal et chauves-souris.

Les chauves-souris supportent sans dommage les lumières LED vertes : tel est le résultat d’une étude de la boutique des sciences de l’université de Groningen (Pays-Bas).

En 2009, la municipalité de Assen décide d’installer un éclairage public le long du canal qui traverse la ville, lieu de promenade nocturne apprécié des habitants. Oui mais voilà, le canal est aussi une voie importante de migration pour diverses espèces de chauves-souris, dont le Vespertilion de Daubenton, et la lumière risque de grandement les perturber. Comment alors concilier sécurité publique et préservation des chauves-souris ? Pour obtenir une réponse, l’association Drenthe Bat Working Group et les services d’urbanisme de la ville se sont tournés vers la boutique des sciences de l’université de Groningen. Des spécialistes en écologie animale ont diligenté une recherche. Conclusions : les chauves-souris ne sont pas sensibles aux lumières LED vertes. Et, autre bonne nouvelle, l’éclairage LED est plus performant et plus respectueux de l’environnement que les traditionnelles ampoules fluorescentes.
Des informations précieuses pour toutes les associations écologistes de protection de la nature en ville, et pour toutes les municipalités soucieuses d’améliorer leur éclairage public !
 



Crédits photos : Thierry Fournier