Si la démarche est novatrice, elle n’en reste pas moins ancrée dans une tradition historique où les SHS ont toujours su trouver les moyens de se développer dans le monde socio-économique. En France par exemple, des associations ont longtemps constitué des bras séculiers de la recherche afin de répondre à une demande d’expertise sociale, notamment dans les secteurs de la ville et de la santé. Au Québec, des structures de médiation entre la société civile et les laboratoires existent depuis les années 1970 au sein des universités. Dynamique et inventif, le secteur des SHS de Lyon/Saint-Etienne représente environ
70 000 étudiants et
une centaine de laboratoires.
12 équipes ont d’ailleurs répondu au
premier appel à projet en SHS, représentant une dizaine de disciplines, quatre établissements partenaires de l’UdL et un volume financier global de
200 000 euros.
Le potentiel exceptionnel de ce secteur impose désormais d’avancer sur les enjeux et les moyens opérationnels de sa valorisation, sachant que le périmètre de LST est de «
rendre utilisables ou commercialisables les résultats, les connaissances et les compétences de la recherche » (la réalisation de produits d’édition et de communication scientifique ne rentre pas dans ce périmètre). Pour ce faire,
un pôle de compétence spécifique en SHS est en train d’être constitué. Celui-ci intervient autour de plusieurs axes prioritaires en tenant compte des spécificités culturelles et professionnelles de la recherche en sciences humaines et sociales : la production d’un modèle économique de valorisation et d’outils de maturation de projets spécifiques aux SHS, la gestion de droits de propriété intellectuelle, la prise en compte d’une innovation ouverte et participative incluant à terme chercheurs et partenaires socio-économiques d’une part, collaborations avec les sciences dites « exactes » d’autre part et, enfin, des actions orientées vers la montée en compétence des chercheurs sur la valorisation des SHS et vers l’insertion des docteurs.
Si l’un d’entre eux souhaite faire de la recherche appliquée ou transformer ses résultats de recherche en activité économique, il peut d’ores et déjà contacter le
pôle SHS de LST, qui se chargera alors de lui
prodiguer soutien et conseil afin de répondre à sa demande. Selon la maturité de son projet, il lui sera alors proposé de
définir plus avant son besoin, de
réaliser des études de positionnement socio-économique sur le marché visé, de
formaliser une méthode générique ou un prototype qui puisse être exploité ensuite, de
trouver des partenaires socio-économiques (entreprises, collectivités territoriales, acteurs de l’économie sociale et solidaire par exemples), etc. Les domaines d’application des humanités sont vastes. Au moment où les excès révélés par la crise économique conduisent à imaginer de nouvelles formes de développement alternatif, des pans entiers de la connaissance scientifique peuvent aujourd’hui stimuler l’innovation sociale. Les SHS sont des sciences du choix, de la décision, voire de la programmation stratégique. Le sens de leur valorisation réside, non pas seulement dans ce qu’elles sont capables de dire, mais aussi dans ce qu’elles sont capables de faire.
Tel. 04 37 37 82 05