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Ils font l'Université de Lyon : portrait de Sosthène Touitou

Le 10 octobre 2019

L’Université de Lyon est partie à la rencontre de Sosthène Touitou étudiant en master 2 de sociologie (Université Lumière Lyon 2 / ENS de Lyon) et stagiaire pour la Boutique des sciences de l’Université de Lyon.

Comment êtes-vous arrivé jusqu’à la Boutique des sciences ?

J’ai commencé mes études par une licence en Science Politique et je me suis assez vite aperçu que les cours qui me plaisaient le plus étaient ceux axés sur la sociologie. Une fois ma licence en poche, j’ai donc choisi de poursuivre en sociologie et j’entame d’ailleurs cette année mon master 2.
Pendant mon master 1, j’ai commencé à travailler sur la dyslexie. C’est la thématique de mon mémoire et je suis aussi investi dans des associations en lien avec le sujet. Ce sont mes directrices de mémoire qui m’ont encouragé à postuler au stage que la Boutique des sciences proposait en collaboration avec AtoutDys, association qui vise à améliorer l’environnement général pour les Dys* en s’appuyant sur une alliance innovante entre chercheurs, familles, professionnels de santé et de l’éducation.


Parlez-nous de ce stage

La Boutique des sciences permet aux associations et au monde de la recherche de travailler ensemble dans le but de répondre à des enjeux sociaux importants comme par exemple l’accompagnement et l’insertion « des Dys ». Concrètement, j’ai effectué un stage de 8 mois, de février à septembre 2019, avec et pour AtoutDys. L’objectif était d’étudier les trajectoires biographiques d’étudiants dyslexiques agés de 17 et 24 ans. Il s’agissait de mieux comprendre et d’identifier les freins et les leviers dans ces différents parcours, notamment d’un point de vue médical et scolaire. Le besoin sociétal exprimé par l’association a donc été transformé en une question de recherche singulière qui a permis d’aborder la thématique des Dys sous l’angle de la sociologie. Cela favorise la prise en compte d’un autre degré de réalité, à la fois pour les personnes porteuses de ces troubles et pour leurs familles, au-delà du « simple » côté médical souvent mis en lumière par les neurosciences par exemple : inégalité territoriale ou sociale pour l’accès aux professionnels, temps nécessaire à l’accompagnement d’un enfants Dys…


Quelle est la valeur ajoutée de ce type de projet ?

Le stage que j’ai effectué a facilité la mise en place et s’est inscrit dans un projet de recherche transdisciplinaire (linguistique, psycholinguistique, orthophonie, sociologie) dont les responsables scientifiques sont Audrey Mazur-Palandre (Université de Lyon, LabEx ASLAN et laboratoire CNRS ICAR) et Agnès Witko (LabEx ASLAN et laboratoire DDL).
J’ai collaboré tout le long avec le monde de la recherche et l’association AtoutDys et les résultats produits dans le cadre de ce stage sont le fruit d’une rencontre entre toutes ces acteurs. La Boutique des sciences facilite un croisement, qui ne va pas toujours de soi, entre savoirs de terrain et expertise scientifique, et c’est une vraie richesse !


Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

D’un point de vue universitaire, c’était une expérience incroyable pour moi. J’ai été formé à des méthodes de recherche robustes, des logiciels d’analyses linguistiques. Cela a alimenté mes questionnements scientifiques et mon intérêt pour le sujet de la dyslexie. Être au milieu de tous ces différents interlocuteurs est très formateur. Le monde de la recherche et les associations n’ont pas forcément les mêmes contraintes et les mêmes temporalités, et il s’agit de s’adapter, ce qui a rendu l’expérience encore plus enrichissante !
Et d’un point de vue moins personnel, je suis convaincu que les résultats de cette étude permettront à AtoutDys de bien avancer dans leur ambitieux projet.

*Les Dys » : porteurs de troubles dysphasique, dyspraxique, dyslexique, dyscalculique, dysgraphique, dysorthographique.